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Les cavaliers de la nuit, 1er partie (Les cavaliers de la nuit Series)
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Ponson du Terrail

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Title: Les cavaliers de la nuit, 1er partie (Les cavaliers de la nuit Series)

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PROLOGUE.

LA TOUR DE PENN-­OLL

CHAPITRE PREMIER

I

—Quelle nuit sombre, quelle orage!... Maître, ne chercherons-­nous point un abri, castel ou chaumière, où nous puissions attendre le jour le verre et les dés en main?
—Que me font la nuit et l’orage!
—Maître votre manteau ruisselle et les bords de votre feutre sont aussi détrempés que la route où nous chevauchons. Le vent en a brisé la plume; votre cheval se cabre à la lueur de la foudre, et le rugissement de la mer fait frissonner le mien sous moi.
—La bise séchera mon manteau; je remplacerai ma plume brisée; et quant à nos chevaux, si le tonnerre et les rugissements de la mer les épouvantent, s’ils refusent d’avancer, nous mettrons pied à terre, et nous continuerons notre chemin a pied.
—Maître, maître, au nom de Dieu!....
—Dieu veille sur ceux qui le servent. Mais souviens-­toi qu’un éperon de fer est vissé à ta botte.... L’heure s’avance,­—on nous attend!
Ce dialogue avait lieu sur une route de Bretagne, courant en rampes brusques et raboteuses entre une forêt et une falaise déserte, au pied de laquelle la mer déferlait pendant une nuit orageuse du mois d’août 1572.
La pluie tombait en tourbillonnant au souffle du vent, et les éclairs déchiraient la voûte noire du ciel. La forêt, située à droite de la route, inclinait sous l’effort de la tempête les hautes cimes de ses noirs sapins, qui jetaient, comme un lointain et lugubre écho, leurs gémissements et leurs craquements confus aux voix courroucées de l’Océan.
Les deux cavaliers cheminant ainsi par ce sentier désert, et dont les montures frémissaient à chaque éclat du tonnerre, venaient de bien loin sans doute, car la pluie qui ruisselait depuis deux ou trois heures, n’avait pu parvenir à laver la boue de leurs manteaux. Celui des deux cavaliers qui parlait la voix haute, avec l’accent impérieux du maître, était un jeune homme solide et campé sur sa selle comme un preux du moyen-­âge.
Quand un éclair déchirait la nue, on pouvait distinguer la belle et martiale figure d’un homme de vingt-­quatre à vingt-­cinq ans, avec un teint brun, une barbe noire pointue, de fines moustaches retroussées, une lèvre insouciante et railleuse, de longs cheveux bouclés, malgré la mode du temps, qui les voulait rasés.
La longue épée du jeune cavalier rebondissait sur les flancs de son cheval; son manteau court, sans broderies, était fièrement attaché sur son épaule; son feutre, tout détrempé qu’il fût, cavalièrement incliné sur son oreille gauche.
C’était un beau jeune homme chevauchant le poing sur la hanche et la tête haute malgré l’orage, la foudre et le vent.
Son compagnon était un gros homme de près de quarante ans, déjà grisonnant, ventru, pleurard, qui, à en juger par ses plaintes récentes, eût préféré de beaucoup le plafond enfumé et les pots d’étain d’une taverne à ce voyage nocturne à la suite du gentilhomme auquel il servait d’écuyer.
—Allons! maître fainéant, reprit le cavalier après un moment de silence, essuie ton front et donne une accolade à cette gourde à large panse qui roule et rebondit sur ton dos; elle te conseillera la patience...
—Nous venons de si loin! murmura l’écuyer lassé.
—Corbleu! si nous venons de loin, c’est une bonne raison pour ne pas nous décourager au terme du voyage. La tour de Penn-­Oll est proche, nous a-­t-­on dit; c’est là que nous allons.
—Si elle était si proche que vous le dites, maître, nous la verrions à la lueur de ces éclairs.
Le gentilhomme haussa les épaules et ne répondit pas; puis il poussa vigoureusement son cheval qui prit le trot.

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